Ce qui restait à faire est fait, vraiment.
Sur la scne du deuil le rideau tombe.
Nous nous sommes revus – destin clément –
Une dernière fois avant la tombe.
Je le savais que ce temps là viendrait
Où tu prendrais ma douleur en partage,
Où, mais déjà trop tard, ils couleraient
Les pleurs du repentir sur ton visage.
Immense est ce que j'ai perdu. Le ciel
M'a soutenu dans la longue débâcle.
Des faits ici sont pour moi seuls réels,
Car ma mémoire aujourd'hui fait miracle
Et tel moment émerge d'autrefois
Comme de la mer une île engloutie.
C'est ton jeune visage que je vois
Avant que vers d'autres tu sois partie.
Sur toi rejaillit cet enchantement
Et c'est un temple de Vesta, mon âme.
Vois sur l'autel ton image à présent.
Ce que je suis pour toi, rien ne l'entame:
Quand j'aurai quitté la vie je serai
Pour toujours dans la mort une prière,
La chanson d'amour pour I'éternité ...
Le ciel, vois-tu, nous fiança sur terre.
Tu gaspillais pour d'indignes vainqueurs
Les beautés incomprises de tes charmes;
Moi, pénitent d'une idole sans cœur,
Je n'avais plus pour plaisir que les larmes.
Et nous voici, condamnés, confondus,
Qui nous dévisageons dans le silence
Sans regretter le paradis perdu:
Nous n'avons pas connu ses jouissances.
Après l'orage la lune est ainsi
Qui se repose au bord d'un grand nuage,
Qui regarde en bas la lugubre nuit
Triste toujours, mais sans passion sauvage,
Qui guette le silence dans le bois
Plein de visions, alors que les branches
Sur les feuilles mortes, par endroits,
En lourdes larmes doucement s'épanchent.
PoemWiki 评分
暂无评论 写评论