À Lajos Kassák


Ils étaient nombreux, assis en italiques sous la voûte basse,

on ne voyait pas leurs visages cependant qu'ils posaient des rivets,

le crépuscule autour d'eux griffonnant des lignes invisibles.

L'un d'eux se mit à parler,

peut-être ne dit-il que « Me voici » ou bien « C'est le soir ».

L'eau chantait dans le mur, l'étincelle clans le poêle,

et le temps qu'il faisait chantait lui aussi, grande fleur fermant son calice.

Une lettre de l'alphabet, vivante, et qui se met à résonner

et dont le dapotis de l'eau, le chuintement des étincelles,

chaque charabia chuchoté par le temps du dehors

prennent éclat et sens, un sign disant A ou B :

voilà, peut-être, ce que tu es.

En d'autres termes :

Au printemps, un pétale s'accroche à la fleur du poirier:

il sait que c'est le seal printemps, qu'il n'en fut, n'en sera d'autre,

il est sa propre chaleur harassante, son propre orage, son propre givre,

il fructifie et se déchire, présent toujours.

Quatre-vingts années peuvent passer, un millénaire même :

toujours tes pas derrière les palissades du temps.


作者
Sándor Weöres

译者
Rácz Judit

来源

https://www.babelmatrix.org/works/hu/We%C3%B6res_S%C3%A1ndor-1913/Kass%C3%A1k_Lajosnak/fr/39618-%C3%80_Lajos_Kass%C3%A1k


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