La vision


Le bleu. Le vert. Le lit du fleuve.
Métamorphose des objets.
Et la fanon dont la vision tapisse la paroi
de mon crâne comme un cinérama.

Même la nuit les objets me réveillent,
le mur a des aurores boréales,
couteaux de lumière : seulement
des meubles — et, telle fougére,
me font dresser sur mon séant,
sur le dos compliqué, pourri depuis
longtemps, les spores
comme d'avion la vue
d'inextricables métropoles.

Car elles sont vives, elles sont vives,
toutes les images sont vives,
ce grouillement muet nous aveugle
et ce va-et-vient et tette procession
de l'étain, du soufre, des oiseaux,
et les vols repliés
de par la densité d'astres sans dimension
qui ont perdu leur épiderme d'électrons,
coefficients en boule façonnés
qui toumoient, sans trêve toumoient
dans un présent brûlant sans cesse
où n'est point le moindre interstice.

J'habite un arbre.
Son feuillage hors de toute saison,
il monte jusqu'au ciel, au balbutiement
et je vois fourmiller, mûrissantes,
ses enveloppes.


作者
Ágnes Nemes Nagy

译者
György Timár

来源

https://www.babelmatrix.org/works/hu/Nemes_Nagy_%C3%81gnes-1922/A_l%C3%A1tv%C3%A1ny/fr/40385-La_vision


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