Ce n'est plus le lac ni la mer
ni la voûte de l'univers
ni la vague ni l'éclair
qui remplit mes yeux mais l'homme
qui vient, depuis l'eau sans limite
clans son carrot, vêtu de toile,
ce spectre de neige qui ne crache plus le sang
ne halète plus pas d'effort
ses rames : plumes d'oie sauvage
il aborde, dans la brume une table l'attend,
du pain et du poisson et du vin et autour
ses admirateurs selon la même courbe
que l'arc-en-ciel devant son visage
SACRÉ EST NOTRE PAIN, FURENT BONS NOTRE POISSON ET NOTRE VIN, J'Y VIS MEME UN ARC-EN-CIEL
Pufis s'éloigne le saint, le barbare :
ses rames : plumes d'oie sauvage
le lac tonne la mer résonne
éclair et vague rebondissent
se fend la voûte de l'univers
les éléments voudraient s'entre-tuer
et les personnages saigner
mais il lève la main, un silence se fait,
il pane les plaies avec une toile fine,
un ordre s'installe, mais y demeure la tension,
Belle de l'eau, du del, des cimes,
reste la tectonique des fronts humains
lui, maçon de la clarté,
pleure le monde dilapidé
et le rebâtit de par son mirage
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