Maman, où votre chat pent-il bien être,
le pauvre, pourquoi n'est-il pas rentré ?
Cette affreuse nuit noire est à nouveau tombée
sur nous, on ne l'a même pas remarquée.
Et les pigeons, a-t-on fermé le pigeonnier ?
J'ai peur que le monstre ne les attaque.
Chut ! sur la montagne j'entends siffler
les étudiants que les labantz ont massacrés
Miriszlo, it y a bien longtemps.
Chut ! devant notre ancienne maison crie
le chíen que le berger a tué à coup de fusil
car il avait hurlé à la lune à minuit.
Maman, garde-toi de regarder dans le miroir !
quand l'heure s'approche de la mi-nuit.
La mort nacrée en sortira et, hardi !
t'emmènera, to la prieras en vain d'attendre.
Et que m'arrivera-t-il ensuite
dans cette nuit
de chauve-souris ?
Déjà la Dame Muette vient me prendre
et m'emporte dans sa vieille maison
pour m'y couper la langue avec une scie,
que je ne puisse plus prononcer ton nom,
puis vêtira son fils aveugle de mes habits.
Et s'il vient, celui à qui j'ai jeté des pierres,
qu'est-ce qui se passera avec le Tzigane manchot ?
Sur son dos flotte le vieux manteau
duquel j'ai tiraillé la manche vide.
Il vient, s'accroupit sur moi, me tord les bras,
et ma pauvre main n'est plus à moi :
les corneilles en déchireront la chair
parmi les chiens crevés, à la fourrière.
Et le grand lézard Bont j'ai coupé la queue
avec un baton, au fond du jardin, viendra,
et les lézards en colère fondront sur moi
me sucer le sang des pieds aux cheveux.
Ils viennent, ils viennent, morts et vivants,
me faire payer ma journée chèrement.
Maman, contre eux tous protège ton fils,
n'éteins pas la petite lampe aujourd 'hui.
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