Lettre à sa femmeJean-Luc Moreau 译

Pismo voljenojFehér Illés 译


Dans les profondeurs, muets, des mondes veillent,
Dubina je puna muka, nemi svet,
le silence n’est qu’un cri dans mon oreille ;
u ušima mi tišina urla i povičem,
mais qui donc me répondrait quand moi je crie ?
ali odgovora nema iz divlje,
La querre a biffé la lointane Serbie…
daleke, ratom omeđene Srbije,
Lointaine, tu l’es aussi, ta voix qu’en rêve
a ti si daleko. Glas tvoj dopire
J’entends, vibre en mon cœur quand le jour se lève…
kroz snove – danju srce te dotiče –
ah que dire quand alentour, froide, fière,
pa ćutim, dok neke ohole biljke
chuchotante se redresse la fougère ?
oko mene sa prirodom se mire.

Ne znam, kad mogu te ponovo sresti
Quand pourrai-je te revoir, ô mon amante,
bila si čvrsta, teška, kao poema,
femme grave comme un psaume et rassurante,
i lepa kao svetlost, kao senka,
belle comme la lumière et comme l’ombre,
koju i nemo i slepo bi našao,
qu’aveugle, muet j’ atteindrais sans encombre ?
sad si izvan horizonta, očima
Tu te perds à présent dans le paysage
te tražim, um te iznutra priziva,
mais du tréfonds de moi monte ton visage
stvarnost u san je sada pretvorena,
tu étais le réel, tu n’es plus qu’songe
utonulo u bunar puberteta
et dans le puits des jours anciens tu replonges
ljubomorno pitam: voliš li me još?

i da na vrhuncu mladosti jednom
l’enfant jaloux qui veut savoir si tu l’aimes,
supruga ćeš mi biti, – opet se nadam
et l’espoir que tu sois ma femme à l’extrême
i kad se na budne staze vraćam
sommet de ma jeunesse, un jour, me soulève
znam, da jesi. Supruga i družica –
comme alors, et je m’éveille de mon rêve.
samo daleka! Iza tri surovih granica.
Je le sais, tu es ma femme et mon amie
Već je jesen. Zar me ovde ostavlja?
en dépit de trois frontières d’infamie.
Na poljupce jasna su sećanja;
De nos baisers le souvenir se ravive…
čekajući čudo provodim vreme,
Vais-je croupir ici quand l’automne arrive ?
dok smrtonosni rojevi zuje iznad mene;

diveći se plavetnilu neba tvoje oko
J’ai caressé les chimères les plus folles ;
sam video, ali postalo je mračno
aujourd’hui les escadrilles me survolent,
i bombama je padati htelo. Rob sam –
l’azur où je retrouvais tes yeux se plombe,
uprkos njih živim. Procenio sam
du sein des soutes là-haut tombent les bombes ;
postojanje i sve što nadu priziva,
et je vis malgré cette guerre qui dure ;
i duž puteva duha i granica –
captif, de tout espoir j’ai pris la mesure,
do tebe stižem; preko jarkog žara,
mais toi je rejoindrai quoi qu’il en coûte,
ako treba i kroz strahote pakla
toi pour qui j’ai parcouru la longue route
ću se probiti i vratiti; ako treba

biću tvrdokoran kao kora drveta,
de l’âme, et tous ces pays ; car ni la braise
a u stalnoj opasnosti smirenost
pourpre ne m’arrêtra ni la fournaise,
u zlu odraslih, divljih muškaraca
et s’il le faut l’endurance de l’écorcre…
me smiruje i poput hladnog vala:
Une paix – qui vaut le pouvoir et les armes –
zakon 2×2 me obliva.
La paix d’un homme endurci dans les alarmes
Lager Heidenau iznad Žagubice u brdima,
descends dans mon cœur… Et sur moi de s’abattre
VIII-IX 1944.
la lucidité du deux-fois-deux-font-quatre.

Lager Heidenau, dans la montagne au-dessus da Zagubica,
août-septembre 1944.


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