C'est à New York dans un hôtel sordide
A New – York, in un piccolo albergo,
Que Monsieur T. se cravata de chanvre.
T si legò un cappio al collo,
Quand fuient les ans, un homme sans racines
chi da tanti anni vaga senza patria
Peut-il poursuivre une éternelle errance ?
per quanto può vagar' ancora?
J. M. à Prague aussi se détruisit
A Praga, un esiliato in patria,
Car sa patrie abritait son exil.
J M mise fine alla sua vita.
Depuis un an, R. P., muet aussi
Da oltre un anno neanche P R scrive,
Doit être mort sous de mortes racines.
forse morto, riposa sotto le radici morte.
Il fut poète. Il partit pour l'Espagne
Era un poeta, emigrò in Spagna,
Les yeux voilés d'un douloureux brouillard.
gli occhi velati dalla tristezza,
Qui est poète et libre se proclame
chi è prigioniero è alla libertà anela,
Peut-il crier quand brille le poignard ?
può mai gridare davanti un coltello che sfavilla?
Peut-il crier seul face à l'infini
Se strada sua è terminata;
Quand du chemin se limite l'espace ?
davanti all'infinito a gridare come fa,
L'homme enchaîné, l'exilé, le proscrit
incatenato e senza patria
Peut-il crier pour implorer se grâce ?
può rivendicare la propria vita?
Lorsque l'agneau trouve le goût de mordre,
Quando l'agnello feroce diventa,
Que la colombe a faim de viandes rouges,
e la tortora di carne cruda si ciba,
Quand le serpent siffle parmi les roches
quando sulla strada il serpe fischia,
Et qu'en écho le vent hulule et souffle ?
e ululando il vento soffiar' comincia.
1939