Le val est riche encor des fleurs de ses jardins,
Noch blühen die Blumen im Tal und im Garten,
Et vert le peuplier dans la fenêtre ouverte.
Mais le monde d'hiver, l'aperçois-tu qui vient?
Noch grünet die Espe vor unserem Tor,
La neige sur la cime au loin donne l'alerte.
Encor l'été brûlant brûle mon jeune coeur,
Doch siehst du den Winter dort lauern und warten?
Mais si la sève en lui monte et le renouvelle,
Déjà des fils d'argent dans mes cheveux révèlent
Schon schimmert der Schnee von den Bergen hervor.
Que les froids de l'hiver vont montrer leur vigueur.
Noch leuchtet der Lenz meinen flammenden Jahren,
Car s'effeuillent les fleurs et s'enfuit notre vie...
Viens donc, ô mon aimée, te blottir sur mon sein.
Der Sommer im Herzen noch glüht er und glaubt,
Toi qui tout contre moi mets ta tête chérie
N'iras-tu te pencher sur ma tombe demain?
Doch siehe, schon mengt sich der Herbst meinen Haaren,
Si je meurs le premier, de ces deux que nous sommes,
Mettras-tu, dans les pleurs, un linceul sur mon corps?
Schon hauchte mir Rauhreif der Winter aufs Haupt.
Si un autre t'aimait, se pourrait-il alors
Que tu quittes mon nom pour le nom de cet homme?
Es sinket die Blüte, verrinnet das Leben.
Si ce voile de veuve un jour tu le jetais,
Komm her in den Schoss mir, mein Heiligstes du!
Comme un drapeau de deuil laisse-le sur ma tombe.
Je viendrai le chercher, du noir où tout se tait,
Heut hörest du lauschend mein Herz noch erbeben -
Au cours de cette nuit où notre amour succombe,
Pour essuyer les pleurs versés sur notre amour,
Deckt morgen vielleicht mich ein Hügel schon zu?
Sur toi facilement oublieuse et parjure,
Pour panser de mon coeur l'horrible déchirure -
O sprich: sollt ich eher zu sterben mich legen,
T'aimant même là-bas, même alors et toujours.
Bist dus, die mir schluchzend die Augen noch schliesst?
Und wird dich ein Jüngling in Liebe bewegen,
Dass du meinen Namen um seinen vergisst?
Wirfst ab du als Witwe den Schleier der Trauer
Als Fahne aufs Kreuz häng ihn über mein Grab.
Dann steig ich empor aus den Welten der Schauer
Zur Mitternachtstunde, und hol' ihn hinab,
Zu trocknen daran meine Tränen, vergossen
Um dich, die so leicht ihre Treue vergibt,
Dies Herz zu umhüllen, darein du verschlossen,
Das dann noch, auch dort noch und ewig dich liebt.