Là-haut dans le ciel un soleil radieux.
Le lac, un miroir, scintille joyeux
Et le canot flotte, une ombre on dirait,
Flotte comme une ombre tout doucement,
Dans une atmosphère de bercement
Presque indicible et presque de secret.
Le fauve doit dormir dans le taillis.
Moi sur mes genoux je tiens mon fusil
Et je me balance et je m'abandonne.
Je vois alentour ce monde splendide.
Que d'enchantements je vois, que d'énigmes
Dans toutes ces choses qui m'environnent!
Au-dessous de moi, au-dessus de moi,
Dans un nuage le soleil flamboie,
Ici sur la surface qui reluit.
Là le ciel touche à la terre et c'est pour
Demander un baiser à son amour.
Et tout est merveille et tout est féerie.
Est-ce nous qui passons ou le nuage?
Ou la brise du sud sur mon visage
Qui vient légère et me caresse encore?
Ma pensée va, s'aventure trop loin
Dans le vide bleu du néant qui point.
O vie terrestre, où se trouve ton port?
Les bords des endroits couverts de roseaux,
Apparaissant, disparaissant bientôt,
Sont une image du présent qui change.
Le soleil arrête sa trajectoire
Dans les flots de lumière de sa gloire,
La majesté d'un calme sans mélange.
Tout est ici tellement arrêté...
Qui sait si l'avenir, si le passé
Ne sont pas un dans cet unique instant?
Il n'y a pas un seul frisson dans l'air
Et tout sommeille et mon âme se berce
Dans le flou d'un triste pressentiment:
Si tout, parmi ce monde où me voici,
Ma vie d'ici-bas et ma mort aussi
N'étaient qu'une fable, n'étaient qu'un réve?...
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