Je suis poète, mais bien peu m’importe
A Andor Németh
La poésie en soi! Le bel
Astre que le fleuve nocturne emporte,
Sí, soy poeta, ¿pero a mí que puede
Ne montera jamais au ciel.
interesarme la poesía en sí misma?
No sería tan bello si la estrella
Lentement, le temps s’en va, s’effiloche.
del río nocturno subiese al cielo.
J’en ai assez du lait des contes!
Je hume le monde réel et proche,
El tiempo fluye lento, despacioso.
Que la mousse du ciel surmonte.
No cuelgo de la leche de las fábulas
pues sorbo un mundo puro, verdadero,
La source est belle – pour que l’on s’y baigne!
coronado por un cielo espumoso.
Les eaux frissonnantes ou calmes,
S’entrelaçant, font un babil où règnent
Bello es el manantial, ¡bañarse en él!
A la fois le sens et le charme.
Mientras la calma y el temblor se abrazan,
entre la espuma nace, inteligente,
D’autres poètes – cela les regarde –
la dichosa, feliz conversación.
S’éclaboussent des pieds aux yeux
De feinte ivresse et d’images hagardes:
¡Y qué me importan los demás poetas!
Qu’ils simulent donc! libre à eux…
Que hasta la misma pechuga se ensucien
y que finjan estar muy embriagados
Je ne vais pas aux bistrots d’aujourd’hui,
de imágenes fabricadas y alcohol.
Mais à la raison et plus loin!
À copier sottise et flagornerie
Yo dejo atrás este bar del presente,
Mon esprit libre ne descend point.
dejo atrás la razón, y ¡mucho más!
¡Qué vil sería si fingiera ser,
Aime, mange, dors, bois! Aie pour mesure
con mi mente tan libre, un criado estúpido!
L’univers! Même dents serrées,
Ceux qui nous affament et nous pressurent,
¡Que comas, bebas, abraces y duermas!
Jamais, je ne les servirai!
¡Y que te midas con el universo!
¡Ni aún a regañadientes serviré
Sans nul compromis je veux mon bonheur!
de criado a los pobres opresores!
Ou que crachent sur moi les gens!
Je serai marqué d’infâmes rougeurs,
¡No hago pactos! ¡Déjame ser feliz!
La fièvre tarira mon sang.
Si no, cualquiera a mí me ofendería,
alguien me encontraría manchas rojas
Nul ne brisera mon cri querelleur.
y absorbería la fiebre mis savias.
À la Science j’en réfère.
Le siècle m’approuve, et le laboureur
No, yo no cierro mi boca litigante.
Pense à moi en poussant l’araire.
A la razón me quejo de mis penas.
El siglo me contempla, protector.
Tout en faisant ses gestes mécaniques,
El labrador, arando, piensa en mí.
Avec moi vibre l’ouvrier
Le soir, c’est moi qu’un gamin famélique
El cuerpo del obrero me presiente
Attend aux portes du ciné.
entre dos movimientos secos, rígidos.
Por mí espera en la puerta de algún cine,
Tandis que les canailles se rassemblent
de noche, el mozalbete mal vestido.
Et pourchassent mes vers ardents,
Des tanks fraternels puissamment s’ébranlent,
Y donde batallones de granujas
Semant mes rimes en grondant.
van contra mis poesías enfiladas,
se echan a andar los tanques fraternales
L’homme n’est pas encor grand, je vous dis!
a traquetear mis rimas por el mundo.
Mais il croit l’être cependant
C’est sa folie! Puissent veiller sur luiA
Esto digo: que aún no es grande el hombre,
mour et Raison, ses parents.
aunque él, irrazonable, si lo crea.
Que sus padres no le pierdan de vista;
padre y madre:¡la razón y el amor!