Brief an die GattinFranz Fühmann 译

Lettre à sa femmeJean-Luc Moreau 译


Schweigende, stumme Weiten in der Tiefe.
Dans les profondeurs, muets, des mondes veillent,
Die Stille heult. Ich schreie. Doch wer riefe
le silence n’est qu’un cri dans mon oreille ;
mir Antwort zu in diesem todumhauchten
mais qui donc me répondrait quand moi je crie ?
serbischen Land, des Täler blutig rauchten;
La querre a biffé la lointane Serbie…
und du bist fern. Nur nachts durch meine Träume
Lointaine, tu l’es aussi, ta voix qu’en rêve
klingt deine Stimme noch. In heiße Räume
J’entends, vibre en mon cœur quand le jour se lève…
des Herzens berg ich sie, ihr tags zu lauschen,
ah que dire quand alentour, froide, fière,
indes um mich die schlanken Farne rauschen.
chuchotante se redresse la fougère ?

Wann ich dich wiederseh, kann ich nicht wissen,
Quand pourrai-je te revoir, ô mon amante,
du Hort, stark wie ein Psalm in Ärgernissen,
femme grave comme un psaume et rassurante,
wie Licht und Schatten schön! Ach, selbst mit blinden
belle comme la lumière et comme l’ombre,
Augen würd ich unfehlbar zu dir finden;
qu’aveugle, muet j’ atteindrais sans encombre ?
die Landschaft birgt dich, doch von innen schwebst du
Tu te perds à présent dans le paysage
mir vor das Aug, und unzerstörbar lebst du:
mais du tréfonds de moi monte ton visage
Wirklichkeit warst, Traum wirst du, Wunderbare,
tu étais le réel, tu n’es plus qu’songe
erneut im Brunnen meiner Knabenjahre.
et dans le puits des jours anciens tu replonges

Voll Eifersucht dring ich in dich: Sag, liebst du
l’enfant jaloux qui veut savoir si tu l’aimes,
mich? Und, am Gipfel meiner Jugend, gibst du
et l’espoir que tu sois ma femme à l’extrême
die Hand als Gattin mir? Ich hoff's; erneut im
sommet de ma jeunesse, un jour, me soulève
Wachsein weiß ich: Du bist's: Ehfrau und Freundin,
comme alors, et je m’éveille de mon rêve.
nur fern bist du. Jenseits drei wilder Grenzen.
Je le sais, tu es ma femme et mon amie
Auch wird's September, bunt schon Kronen glänzen.
en dépit de trois frontières d’infamie.
Vergißt mich selbst der Herbst? Ins Ungewisse
De nos baisers le souvenir se ravive…
treib ich und schmeck noch taumelnd unsre Küsse.
Vais-je croupir ici quand l’automne arrive ?

An Wunder glaubt ich und vergaß sie. Lärmend
J’ai caressé les chimères les plus folles ;
ziehn Bomber über uns. Am Himmel, schwärmend,
aujourd’hui les escadrilles me survolent,
sah ich dein Augenblau - nun, unter Dröhnen
l’azur où je retrouvais tes yeux se plombe,
trübt es sich ein, und wild die Bomben sehnen
du sein des soutes là-haut tombent les bombes ;
zum Sturz sich droben. Ihnen trotzend leb ich
et je vis malgré cette guerre qui dure ;
und bin gefangen, doch, glaub mir, bald schweb ich
captif, de tout espoir j’ai pris la mesure,
zu dir und weiß, daß ich dich nicht verfehle.
mais toi je rejoindrai quoi qu’il en coûte,
Für dich legt ich die Länge meiner Seele,
toi pour qui j’ai parcouru la longue route

der Wege all zurück. Durch Purpurgluten,
de l’âme, et tous ces pays ; car ni la braise
wenn es so sein muß, durch brüllende Fluten
pourpre ne m’arrêtra ni la fournaise,
werd ich mich zaubern, daß zu dir ich finde,
et s’il le faut l’endurance de l’écorcre…
ich werde zäh sein wie am Baum die Rinde,
Une paix – qui vaut le pouvoir et les armes –
mit wilder Männer Ruh werd ich aufwiegen
La paix d’un homme endurci dans les alarmes
Waffen und Macht; es lehrt die Not mich siegen
descends dans mon cœur… Et sur moi de s’abattre
und die Gefahr, und hold wird Hoffnung schenken
la lucidité du deux-fois-deux-font-quatre.
die Nüchternheit des 2x 2 dem Denken.

Lager Heidenau, dans la montagne au-dessus da Zagubica,
août-septembre 1944.


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