Dans les profondeurs, muets, des mondes veillent,
Schweigende, stumme Weiten in der Tiefe.
le silence n’est qu’un cri dans mon oreille ;
Die Stille heult. Ich schreie. Doch wer riefe
mais qui donc me répondrait quand moi je crie ?
mir Antwort zu in diesem todumhauchten
La querre a biffé la lointane Serbie…
serbischen Land, des Täler blutig rauchten;
Lointaine, tu l’es aussi, ta voix qu’en rêve
und du bist fern. Nur nachts durch meine Träume
J’entends, vibre en mon cœur quand le jour se lève…
klingt deine Stimme noch. In heiße Räume
ah que dire quand alentour, froide, fière,
des Herzens berg ich sie, ihr tags zu lauschen,
chuchotante se redresse la fougère ?
indes um mich die schlanken Farne rauschen.
Quand pourrai-je te revoir, ô mon amante,
Wann ich dich wiederseh, kann ich nicht wissen,
femme grave comme un psaume et rassurante,
du Hort, stark wie ein Psalm in Ärgernissen,
belle comme la lumière et comme l’ombre,
wie Licht und Schatten schön! Ach, selbst mit blinden
qu’aveugle, muet j’ atteindrais sans encombre ?
Augen würd ich unfehlbar zu dir finden;
Tu te perds à présent dans le paysage
die Landschaft birgt dich, doch von innen schwebst du
mais du tréfonds de moi monte ton visage
mir vor das Aug, und unzerstörbar lebst du:
tu étais le réel, tu n’es plus qu’songe
Wirklichkeit warst, Traum wirst du, Wunderbare,
et dans le puits des jours anciens tu replonges
erneut im Brunnen meiner Knabenjahre.
l’enfant jaloux qui veut savoir si tu l’aimes,
Voll Eifersucht dring ich in dich: Sag, liebst du
et l’espoir que tu sois ma femme à l’extrême
mich? Und, am Gipfel meiner Jugend, gibst du
sommet de ma jeunesse, un jour, me soulève
die Hand als Gattin mir? Ich hoff's; erneut im
comme alors, et je m’éveille de mon rêve.
Wachsein weiß ich: Du bist's: Ehfrau und Freundin,
Je le sais, tu es ma femme et mon amie
nur fern bist du. Jenseits drei wilder Grenzen.
en dépit de trois frontières d’infamie.
Auch wird's September, bunt schon Kronen glänzen.
De nos baisers le souvenir se ravive…
Vergißt mich selbst der Herbst? Ins Ungewisse
Vais-je croupir ici quand l’automne arrive ?
treib ich und schmeck noch taumelnd unsre Küsse.
J’ai caressé les chimères les plus folles ;
An Wunder glaubt ich und vergaß sie. Lärmend
aujourd’hui les escadrilles me survolent,
ziehn Bomber über uns. Am Himmel, schwärmend,
l’azur où je retrouvais tes yeux se plombe,
sah ich dein Augenblau - nun, unter Dröhnen
du sein des soutes là-haut tombent les bombes ;
trübt es sich ein, und wild die Bomben sehnen
et je vis malgré cette guerre qui dure ;
zum Sturz sich droben. Ihnen trotzend leb ich
captif, de tout espoir j’ai pris la mesure,
und bin gefangen, doch, glaub mir, bald schweb ich
mais toi je rejoindrai quoi qu’il en coûte,
zu dir und weiß, daß ich dich nicht verfehle.
toi pour qui j’ai parcouru la longue route
Für dich legt ich die Länge meiner Seele,
de l’âme, et tous ces pays ; car ni la braise
der Wege all zurück. Durch Purpurgluten,
pourpre ne m’arrêtra ni la fournaise,
wenn es so sein muß, durch brüllende Fluten
et s’il le faut l’endurance de l’écorcre…
werd ich mich zaubern, daß zu dir ich finde,
Une paix – qui vaut le pouvoir et les armes –
ich werde zäh sein wie am Baum die Rinde,
La paix d’un homme endurci dans les alarmes
mit wilder Männer Ruh werd ich aufwiegen
descends dans mon cœur… Et sur moi de s’abattre
Waffen und Macht; es lehrt die Not mich siegen
la lucidité du deux-fois-deux-font-quatre.
und die Gefahr, und hold wird Hoffnung schenken
die Nüchternheit des 2x 2 dem Denken.
Lager Heidenau, dans la montagne au-dessus da Zagubica,
août-septembre 1944.