I
J'ai vu la terre : elle offrait au plaisir ses flancs où racines serpentent, le temps guerrier se vautrait nu sur elle, l'édredon de fumée perdait la snort comme des plumes.
J'ai vu l'eau : les hanches d'argent bercées aux rythmes d'une danse primitive, la mélodíe à grands flots charriait croiseurs et cadavres, dans le miroir des nuages noirs le vert pier jeune encore s'admirait grisonnant.
J'ai vu le vent : un bouquet de chants d'oiseaux sur le chapeau, it vagabondait au-dessus de tout devenir humain.
J'ai vu les étoiles : elles brillaient d'une lueur incertaine : ce piège qui me pourfend de rayons, qui en est l'artisan ?
II
Le poème est le but des amateurs. Un gouffre noir derrière le mot. Dans la boue : chair carbonisée, os éclatés, meubles qui ont pourri. La poésie : par un regard de haut, ne pas tomber.
Renier son dieu est un plaisir bon marché. Découvrir que la lumière n'est pas la chemise des anges, c'est à peine plus que rien. L'oisean mystérieux vole sur place de ses ailes de particules.
Le télescope a beau arracher ses oeufs d'étoiles à son nid noir, la solution est toujours relative.
Créer un dieu n'est pas non plus un plaisir des plus nobles. Se trouver suspendu sans responsabilité sur la croix d'un mythe : un rêve de bon père de famille. Vivre sans le réconfort des refrains à la mode, c'est l'unique sacrifice humain efficace.
Sur l'autel nu de notre planète, notre cœur arraché par le temps, notre sang coule dans les rigoles de l'hérédité.
Impalpable, fais de moi un païen ! Que je sache que to compassion et ton indifférence sont choses identiques, si to n'as pas mesure humaine. Je suis la limite de mon savoir.
Le tissu de doute greffé clans l'infini est une douce panne daps l'harmonie impeccable de l'espace et du temps.
III
L'éternité, je l'ai connue sur un lit. Elle n'a duré que quelques instants, comme tons les miracles.
Mais son cours était réel : un fleuve a traversé ma peau, it m'emportait avec un bruit à me briser l'oreille, ou c'était moi qui l'emportais, on ne peut plus savoir, consciences confondues daps nos salives écumantes.
Le nom de l'innomé : halètement cadencé. Le monde est de mains en explosion, de jambes en explosion, de bouches en explosion, de hanches en explosion. Darts son ciel de draps, la constellation de nos organes génitaux flamboie, et la nouvelle signification prend forme entre les parenthèses crépusculaires de notre étreinte.
Le trop-plein des cellules en précipité. Ce qu'un corps punt faire pour le corps. Le deux dans l'un, l'infini dans le point.
Sous le globe du vide, c'est l'amour qui a poussé la flamme, le sang - rouge nouveau-né de boue et d'eau comme dans les mythes - s'est réveillé nu.
IV
Dans ce coin perdu d'étoile, ce n'est que l'habitude qui fait nommer héros le héros. C'est un pilier de cabaret, sauvage et dangereux. Il titube en chantant du berceau an cercueil, et it frappe du poing le mobilier cosmique.
Mais son idée fixe qui se transmet de cellule en cellule : un feu. Le traintrain quotidien cisaille les boucles serrées de ses cheveux, les rides-asticots éclosent sur son visage, mais la révolution des protéines est toujours vive.
Il est le vagissement au seuil du monde. II est le parce que. Il est l'ange obstiné de la terre.
Quand j'admire la terre, l'eau, le vent et les étoiles, c'est à lui que je ressemble. Si quiconque me prend an piège, c'est lui qui couvre mon agonie de ses paroles, de ses jurons, de son souffle qui gonfle les voiles et arrache les arbres.
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