Comme aux âges naïfs


Comme aux âges naïfs, je t’ai donné mon coeur,

Ainsi qu’une ample fleur,

Qui s’ouvre pure et belle aux heures de rosée ;

Entre ses plis mouillés ma bouche s’est posée.

La fleur, je la cueillis avec des doigts de flamme,

Ne lui dis rien : car tous les mots sont hasardeux

C’est à travers les yeux que l’âme écoute une âme.

La fleur qui est mon coeur et mon aveu,

Tout simplement, à tes lèvres confie

Qu’elle est loyale et claire et bonne, et qu’on se fie

Au vierge amour, comme un enfant se fie à Dieu.

Laissons l’esprit fleurir sur les collines

En de capricieux chemins de vanité,

Et faisons simple accueil à la sincérité

Qui tient nos deux coeurs vrais en ses mains cristallines

Et rien n’est beau comme une confession d’âmes

L’un à l’autre, le soir, lorsque la flamme

Des incomparables diamants

Brûle comme autant d’yeux

Silencieux

Le silence des firmaments.


作者
埃米尔·维尔哈伦

来源

Emile Verhaeren, Les heures claires, 1896 — https://www.poetica.fr/poeme-5969/emile-verhaeren-comme-aux-ages-nafs/


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