La nuit
quand les pensées se précipitent
les morts sortent
de leurs cachettes
Leurs yeux
me font violence
leurs voix moussues
l’emportent sur moi
Nous nous entretenons
de choses de la terre
tout les intéresse
je ne peux répondre
à leurs questions
ils sont mieux informés que moi
parfois s’engage une conversation
sur Hölderlin ou Spinoza
Il n’est jamais question du fait
qu’ils sont morts
leur discours est clair
lumière et ombre
partagées
Nous oublions l’incident
mort
nous sommes là ensemble
sous une couverture
rien ne m’empêche de supposer
que je suis toujours en vie
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