Ô, ma douce Hongrie...Pődör László 译

Ô Dieu très humainPődör László 译


1
Ô Dieu très humain,
Ô, ma douce Hongrie, mon pays tant aimé,
Puisqu’entre tes mains
Qui tiens le bouclier de la chrétienté,
J’ai déposé ma vie,
Teinte de sang païen, brandis ta bonne épée :
Ne me laisse pas,
École de vaillance, il me faut te quitter !
Dirige mes pas,

À toi seul, je me fie.
2

Preux d’Eger, braves preux et miroir des confins,
Depuis mon enfance
Tous les pays vantent vos prouesses, sans fin,
Tu as ma confiance,
Comparant vos hauts faits aux exploits des Anciens :
L’espoir qui ne se lasse,
Je vous confie à Dieu : qu’il veille à vos destins !
Telle fils sur terre,

Implore son père,
3
J’ai demandé ta grâce.
Vous-mêmes, destriers aux ailes d’éperviers,

Portant les jeunes preux à leurs combats guerriers,
Et même à cette heure,
Permettant le repli, plus souvent d’attaquer :
Je ne puis, Seigneur,
Que Dieu vous garde aussi et vous donne santé !
Qu’avoir espoir en Toi.

À Toi confié,
4
Sur Toi reposé,
Beaux harnais rutilants, dont les preux sont si fiers,
Et soumis à ta Loi.
Ajustements nouveaux, parures militaires,

Martiale vigueur qui dompte l’adversaire,
Te servirait-il
Que Dieu soit avec vous, je n’en ai rien à faire.
Si, dans les périls,

Je succombe au danger ?
5
Moi que, par ton Fils,
Les gars dont j’ai pris soin et que je crois revoir,
Tu avais admis
Ceux dont je fis des preux au cours de mon histoire,
Comme enfant adopté.
De leur bon souvenir me suivent, je veux croire :

Mes bienfaits de mon nom leur gardent la mémoire !
Or, écoute donc,

Pour ton grand renom,
6
Au sein de mes prières,
Théâtre des exploits, grands champs silencieux,
Montre ta bonté,
Monts, vallées et forêts, rochers mystérieux,
Répands tes bienfaits
Pour l’embuscade et la bataille, meilleurs lieux :
Sur mon sort exemplaire.
Que Dieu vous garde aussi qui gardez tant de preux.


Accorde tes dons,
7
Ta bonté, selon
Adieu, mes vrais parents, adieu, mes bons amis,
Tout l’espoir mis en Toi ;
Qui ressentez de mon départ l’amer ennui,
Bénis le destin
Mes larmes ont coulé de mes yeux qui n’oublient :
De qui craint ta main !
Que Dieu porte sur vous son regard infini !
Prends ici soin de moi.

8
Comme tu projettes
Vierges, aussi au beau front d’ange radieux,
Au printemps en fête
Femmes allègres qui tuez avec vos yeux,
Ta rosée sur les fleurs,
En m’offrant tour à tour ou l’enfer ou les cieux :
Toutes tes bontés,
Que l’amour vous demeure, ainsi que le Bon Dieu !
Laisse-les tomber

Sur ton vieux serviteur !
9

Comme à toi-même, ô mon ennemie adorable,
Que, jusqu’à la fin,
Qui fus à mon égard, infidèle, implacable
Son cœur reste plein
De mon mérite qui . . . . . . . . . . .
De joie, te magnifiant ;
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Bénissant ton nom,

À tout horizon,
10
Très haut le proclamant.
Et vous tous, mes maudits poèmes importuns,

Qui ne m’avez causé que soucis et chagrins,
J’écrivis ces vers
Consumez-vous, au feu, lentement, un par un,
Face aux flots amers
Pour vous, chers bons à rien, c’est l’unique chemin !
De l’immense Océan,
En date du mil-cinq-
Cent et quatre-vingt-
Onzième jour de l’an.


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