C'est de t'aimer qui fait que je suis. Tu m'entends:
Je t'aime et mon amour ne pourra cesser d'être
Qu'au jour où je serai ce mort que l'on étend,
Et même alors comment saurait-il disparaitre?
Quand le cerveau se fend comme l'âme et le cceur,
Quand les fibres des nerfs s'effilochent, encore
Cache sous leur tramail, le désir est rôdeur
Qui fut en eux la source et la flamme et l'aurore.
Je serai de poussière et le moulin des temps
Broiera jusqu'à mes os sous sa meule de pierre,
Mais ils me survivront, ces collines, ces champs,
Ainsi que survivront dans le ciel ces lumières.
Ils ont vu la pure lumière de tes yeux,
Ils ont vu nos baisers, nos étreintes sauvages,
Le fleuve a ralenti son rythme pour nous deux,
Vers nous se sont penchés dans le ciel les nuages.
Lorsque j'aurai cessé de vivre dans les cœurs,
Les arbres et les eaux, les astres, les nuées,
De longs siècles encor se diront comme en chœur
Mon amour, cet amour qui fut ma destinée.
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