Ferrare


Que l’on soit homme ou Dieu, tout génie est martyre :
Du supplice plus tard on baise l’instrument ;
L’homme adore la croix où sa victime expire,
Et du cachot du Tasse enchâsse le ciment.

Prison du Tasse ici, de Galilée à Rome,
Échafaud de Sidney, bûchers, croix ou tombeaux,
Ah ! vous donnez le droit de bien mépriser l’homme,
Qui veut que Dieu l’éclaire, et qui hait ses flambeaux !

Grand parmi les petits, libre chez les serviles,
Si le génie expire, il l’a bien mérité ;
Car nous dressons partout aux portes de nos villes
Ces gibets de la gloire et de la vérité.

Loin de nous amollir, que ce sort nous retrempe !
Sachons le prix du don, mais ouvrons notre main.
Nos pleurs et notre sang sont l’huile de la lampe
Que Dieu nous fait porter devant le genre humain !

(Trentième Méditation, improvisée en sortant du cachot de Tasse.)


作者
阿尔方斯·德·拉马丁

来源

Alphonse de Lamartine, 1844 — https://www.poetica.fr/poeme-3162/alphonse-de-lamartine-ferrare/


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