维克多·雨果 Booz endormi 编辑历史
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旧版本 新版本 1 Booz s’était couché de fatigue accablé ; 1 Booz s’était couché de fatigue accablé ; 2 3 Il avait tout le jour travaillé dans son aire ; 2 Il avait tout le jour travaillé dans son aire ; 4 5 Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ; 3 Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ; 6 7 Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé. 4 Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé. 9 Ce vieillard possédait des champs de blés et d’orge ; 6 Ce vieillard possédait des champs de blés et d’orge ; 10 11 Il était, quoique riche, à la justice enclin ; 7 Il était, quoique riche, à la justice enclin ; 12 13 Il n’avait pas de fange en l’eau de son moulin ; 8 Il n’avait pas de fange en l’eau de son moulin ; 14 15 Il n’avait pas d’enfer dans le feu de sa forge. 9 Il n’avait pas d’enfer dans le feu de sa forge. 17 Sa barbe était d’argent comme un ruisseau d’avril. 11 Sa barbe était d’argent comme un ruisseau d’avril. 18 19 Sa gerbe n’était point avare ni haineuse ; 12 Sa gerbe n’était point avare ni haineuse ; 20 21 Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse : 13 Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse : 22 23 — Laissez tomber exprès des épis, disait-il. 14 — Laissez tomber exprès des épis, disait-il. 25 Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques, 16 Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques, 26 27 Vêtu de probité candide et de lin blanc ; 17 Vêtu de probité candide et de lin blanc ; 28 29 Et, toujours du côté des pauvres ruisselant, 18 Et, toujours du côté des pauvres ruisselant, 30 31 Ses sacs de grains semblaient des fontaines publiques. 19 Ses sacs de grains semblaient des fontaines publiques. 33 Booz était bon maître et fidèle parent ; 21 Booz était bon maître et fidèle parent ; 34 35 Il était généreux, quoiqu’il fût économe ; 22 Il était généreux, quoiqu’il fût économe ; 36 37 Les femmes regardaient Booz plus qu’un jeune homme, 23 Les femmes regardaient Booz plus qu’un jeune homme, 38 39 Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand. 24 Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand. 41 Le vieillard, qui revient vers la source première, 26 Le vieillard, qui revient vers la source première, 42 43 Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ; 27 Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ; 44 45 Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, 28 Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, 46 47 Mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière. 29 Mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière. 51 Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens. 33 Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens. 52 53 Près des meules qu’on eût prises pour des décombres, 34 Près des meules qu’on eût prises pour des décombres, 54 55 Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres ; 35 Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres ; 56 57 Et ceci se passait dans des temps très anciens. 36 Et ceci se passait dans des temps très anciens. 59 Les tribus d’Israël avaient pour chef un juge ; 38 Les tribus d’Israël avaient pour chef un juge ; 60 61 La terre, où l’homme errait sous le tente, inquiet 39 La terre, où l’homme errait sous le tente, inquiet 62 63 Des empreintes de pieds de géants qu’il voyait, 40 Des empreintes de pieds de géants qu’il voyait, 64 65 Était encor mouillée et molle du déluge. 41 Était encor mouillée et molle du déluge. 69 Comme dormait Jacob, comme dormait Judith, 45 Comme dormait Jacob, comme dormait Judith, 70 71 Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée ; 46 Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée ; 72 73 Or, la porte du ciel s’étant entrebâillée 47 Or, la porte du ciel s’étant entrebâillée 74 75 Au-dessus de sa tête, un songe en descendit. 48 Au-dessus de sa tête, un songe en descendit. 77 Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne 50 Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne 78 79 Qui, sorti de son ventre, allait jusqu’au ciel bleu ; 51 Qui, sorti de son ventre, allait jusqu’au ciel bleu ; 80 81 Une race y montait comme une longue chaîne ; 52 Une race y montait comme une longue chaîne ; 82 83 Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu. 53 Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu. 85 Et Booz murmurait avec la voix de l’âme : 55 Et Booz murmurait avec la voix de l’âme : 86 87 « Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt ? 56 « Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt ? 88 89 Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt, 57 Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt, 90 91 Et je n’ai pas de fils, et je n’ai plus de femme. 58 Et je n’ai pas de fils, et je n’ai plus de femme. 93 « Voilà longtemps que celle avec qui j’ai dormi, 60 « Voilà longtemps que celle avec qui j’ai dormi, 94 95 Ô Seigneur ! a quitté ma couche pour la vôtre ; 61 Ô Seigneur ! a quitté ma couche pour la vôtre ; 96 97 Et nous sommes encor tout mêlés l’un à l’autre, 62 Et nous sommes encor tout mêlés l’un à l’autre, 98 99 Elle à demi vivante et moi mort à demi. 63 Elle à demi vivante et moi mort à demi. 101 « Une race naîtrait de moi ! Comment le croire ? 65 « Une race naîtrait de moi ! Comment le croire ? 102 103 Comment se pourrait-il que j’eusse des enfants ? 66 Comment se pourrait-il que j’eusse des enfants ? 104 105 Quand on est jeune, on a des matins triomphants ; 67 Quand on est jeune, on a des matins triomphants ; 106 107 Le jour sort de la nuit comme d’une victoire ; 68 Le jour sort de la nuit comme d’une victoire ; 109 « Mais, vieux, on tremble ainsi qu’à l’hiver le bouleau ; 70 « Mais, vieux, on tremble ainsi qu’à l’hiver le bouleau ; 110 111 Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe, 71 Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe, 112 113 Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe, 72 Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe, 114 115 Comme un bœuf ayant soif penche son front vers l’eau. » 73 Comme un bœuf ayant soif penche son front vers l’eau. » 117 Ainsi parlait Booz dans le rêve et l’extase, 75 Ainsi parlait Booz dans le rêve et l’extase, 118 119 Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés ; 76 Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés ; 120 121 Le cèdre ne sent pas une rose à sa base, 77 Le cèdre ne sent pas une rose à sa base, 122 123 Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds. 78 Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds. 127 Pendant qu’il sommeillait, Ruth, une moabite, 82 Pendant qu’il sommeillait, Ruth, une moabite, 128 129 S’était couchée aux pieds de Booz, le sein nu, 83 S’était couchée aux pieds de Booz, le sein nu, 130 131 Espérant on ne sait quel rayon inconnu, 84 Espérant on ne sait quel rayon inconnu, 132 133 Quand viendrait du réveil la lumière subite. 85 Quand viendrait du réveil la lumière subite. 135 Booz ne savait point qu’une femme était là, 87 Booz ne savait point qu’une femme était là, 136 137 Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d’elle. 88 Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d’elle. 138 139 Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle ; 89 Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle ; 140 141 Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala. 90 Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala. 143 L’ombre était nuptiale, auguste et solennelle ; 92 L’ombre était nuptiale, auguste et solennelle ; 144 145 Les anges y volaient sans doute obscurément, 93 Les anges y volaient sans doute obscurément, 146 147 Car on voyait passer dans la nuit, par moment, 94 Car on voyait passer dans la nuit, par moment, 148 149 Quelque chose de bleu qui paraissait une aile. 95 Quelque chose de bleu qui paraissait une aile. 151 La respiration de Booz qui dormait 97 La respiration de Booz qui dormait 152 153 Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse. 98 Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse. 154 155 On était dans le mois où la nature est douce, 99 On était dans le mois où la nature est douce, 156 157 Les collines ayant des lys sur leur sommet. 100 Les collines ayant des lys sur leur sommet. 159 Ruth songeait et Booz dormait ; l’herbe était noire ; 102 Ruth songeait et Booz dormait ; l’herbe était noire ; 160 161 Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ; 103 Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ; 162 163 Une immense bonté tombait du firmament : 104 Une immense bonté tombait du firmament : 164 165 C’était l’heure tranquille où les lions vont boire. 105 C’était l’heure tranquille où les lions vont boire. 167 Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ; 107 Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ; 168 169 Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ; 108 Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ; 170 171 Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre 109 Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre 172 173 Brillait à l’occident, et Ruth se demandait, 110 Brillait à l’occident, et Ruth se demandait, 175 Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles, 112 Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles, 176 177 Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été, 113 Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été, 178 179 Avait, en s’en allant, négligemment jeté 114 Avait, en s’en allant, négligemment jeté 180 181 Cette faucille d’or dans le champ des étoiles. 115 Cette faucille d’or dans le champ des étoiles. - 3周前 李大侠 添加了初始版本