Tombola


On dirait la Grande Roue.
                            Une broche à l’heureux
gagnant ; le pauvre marin, ne sachant qu’en faire, de
rage, pique au vif l’azur de son béret, et, à défaut d’un
prénom de femme, y fait inscrire celui de son bateau.

   – Où puis-je avoir laissé mon éventail ?
   – Vous ne voyez pas d’ici ? Il fait la roue, sur la
pelouse, où des trèfles à quatre feuilles poussent en
cachette.

   Les jeunes filles qui montent en balançoire
rougissent chacune à leur tour : leurs robes blanches
s’accrochent aux bras de l’épouvantail.

   – Elles aussi sont toutes rouges, les cerises.

   Sans faire de jalouses, le galant épouvantail offre

des boucles d’oreilles.
                                   Le pauvre marin
ne possède d’autre bijou qu’un broche, gagnée à la
tombola.


作者
雷蒙·拉迪盖

来源

Raymond Radiguet, Les Joues en feu suivi de Devoirs de vacances, Bibliothèque électronique du Québec, Devoirs de vacances, p. 72


报错/编辑
  1. 初次上传:李大侠
添加诗作
其他版本
添加译本

PoemWiki 评分

暂无评分
轻点评分 ⇨
  1. 暂无评论    写评论