Si j’étais cet Oiseau…
Celui de mon enfance,
Qui survolait, si beau,
Nos têtes innocentes.
Je serais Rossignol,
Au lent battement d’ailes,
Qui, le soir, nos espoirs
Dans l’arbre chantera.
Je volerais, Colombe,
Au dessus de ce monde,
Où la sombre misère
A les yeux d’une mère.
J’affronterais, sans défense,
Les océans immenses,
Me souvenant de Toi (1)
Le cœur rempli d’émoi.
Je survolerais, serein,
Tous ces monts, ces ravins,
Sans craindre vos filets,
Ô hommes aveuglés !
J’écouterais, ou non,
Le son de vos canons,
Écho assourdissant,
De voleurs d’existences.
Au dessus des déserts,
Par les zéphyrs, porté,
Je me rafraîchirais
Aux ombres crépusculaires.
Et puis, je reviendrais,
Ô doux cœur transporté,
Par un calme matin,
M’endormir dans ta main.
(1)
L’Albatros (Charles Baudelaire.)
Christine Larrieu
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