«
el grito deja en el viento
una sombra de cipres
dejadme en este campo
llorando
le cri laisse au vent
une ombre de cyprès
laissez-moi dans ce champ
que je pleure »
Federico García Lorca
Poema del Cante Jondo
ce jour où l’on me fermera les yeux
il y aura dans le ciel de grands nuages
voire
des pluies éparses
on dit
que les âmes n’ont plus de peines
en paradis
et vous ?
Ce jour où l’on me fermera les yeux
il y aura
parmi les faits divers du monde
un tremblement de terre aux Philippines
et des inondations
un tremblement de voix et dans tes yeux
une détresse
un attentat manqué contre la vie
de pauvres hères
et un recul des glaces
de l’arctique
ce jour rappelle-toi, un sanglier
traversait les maïs, nous le sentier
qui va à Compostelle
si on le suit plus loin
il y aura depuis le ciel de Sibérie
ces curieux lacs tout ronds entraperçus
d’une hauteur de quatre mille mètres
tu penses à ceux qui font l’amour
de bon matin
en bas
depuis ton ciel de Sibérie
voilà, c’est tout
ce qui se passera dans notre pauvre tête
puis le silence
avant l’oubli
un jour où vous me fermerez les yeux
un lundi
un mardi
à moins, mais je peux me tromper
que ce ne soit tout simplement
un samedi
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