Ebrezza di albaAgnes Preszler 译

Vertige matinalGyörgy Timár 译


Te lo racconto questo
Écoute-moi, pourvu que cela ne t'ennuie.
se non ti annoio,
J'ai cessé mon labeur
ieri notte alle tre,
vers trois heures après minuit.
finito il lavoro,
Je me suis couché, mais la tête, ce moteur
sono andato a letto.
cliquetait sans répit dans sa vapeur.
Ma nella mia mente
Je me suis tourné, puis retourné dans le lit,
la macchina da scrivere
mais le sommeil m'a fui.
continuava a battere
Je l'appelais pourtant, en comptant jusqu'à cent,
col ticchettio tanto forte
par des banalités, par des médicaments.
che non riuscivo a dormire.
Mes mots me regardaient avec ferveur.
Il sonno non venne, sebbene
Mes cigarettes excitaient mon cœur.
lo desiderassi fortemente,
Puis le café aussi, et tout. Eh bien, ça va,
ma chiamandolo con parole,
Je vais donc me lever, tant pis.
con sonniferi potenti,
En chemise de nuit, je ferai les cent pas.
e contando le pecore
Tout autour, la famille. Notre nid.
non serviva a niente.
Bouches qu'un miel de rêve emplit.
Quello che avevo scritto
Je titube comme un ivre – et alors
mi guardava dritto.
je jette par hasard un coup d'œil au-dehors.
Mi stressavano il cuore

le quaranta sigarette.
Où commencer? Voyons, tu connais bien
E tutto il resto,
ma maison, non? Et si tu te souviens
il buio, tutto.
de ma chambre à coucher,
Allora mi alzo e non mi importa,
tu dois savoir aussi
cammino su e giù nella stanza,
à quel point à cette heure, vue d'ici,
attorno a me la mia famiglia,
elle est déserte, minable, oubliée,
sulle loro labbra la dolcezza
la rue Logodi où je vis.
di bei sogni, beati loro,
On voit jusqu'au fond des logis.
e mentre io brancolo nel buio,
Chaque homme gît,
come un ubriaco, guardo
autant de quilles renversées
fuori dalla finestra.
touchant dans leur propre esprit qui leur joue des tours,
Aspetta, come te lo dico,
car ils sont tous comme gommés
come te lo spiego?
dans l'anémie de tous les jours.
Tu conosci la mia casa,
A côté de leurs lits,
ti ricordi la mia stanza,
leurs souliers, leurs habits.
lo sai quanto povera
Enfermés comme dans quelque boîte, ces gens
ed abbandonata sembra di qua
rêvassent au jour d'embellir l'appartement;
a quell'ora la strada.
pourtant, si l'on croit aux images,
Ci vedi dentro le case
toute demeure est une cage.
attraverso le finestre,
On entend le tic-tac d'un réveille-matin
gli uomini sdraiati e ciechi,
qui boite longtemps puis déclenche enfin
scrutano con gli occhi chiusi,
son vacarme strident:
nella nebbia della loro mente,
«Lève-toi, le réel t'attend!»
che li inganna e li tradisce,
La maison, elle aussi, bêtement, tel un mort,
perchè il cervello di anemia soffre.
comme elle le fera au siècle prochain, dort.
Accanto a loro le scarpe e vestiti,
Et si elle s'écroule, qui saurait voyant en son centre l'ivraie,
e nella stanza sono chiusi,
qu'elle était notre abri et pas un poulailler?
come in una scatola,

che hanno costruito da svegli
Mais ce qu'on voit, ami, ce qu'on voit dans les cieux!
con tanta fatica.
Tout y est lumineux et somptueux,
Ma se le guardi in questa maniera
fidèle et solide et tremblant de feux.
ogni casa è come una gabbia.
Le firmament
Si sente ticchettare la sveglia,
est toujours la voûte d'antan,
ora cammina zoppo, fra poco suona:
comme le couvre-pieds bleu de maman
"svegliati alla realtà, è ora!"
ou bien la tache d'encre sur mon cahier blanc;
E dorme anche la casa, morta,
et les astres dont l'âme
e se fra cent'anni crolla,
respire et doucement enflamme
ci crescerà gramigna,
la nuit paisible qui précède
e non sospetterà nessuno,
l'hiver, nuit encor tiède,
se era nostra casa o una stalla.
ces astres qui, de leur ineffable lointain,
Ma lassù, amico mio, là sopra,
ont vu marcher l'armée des Phéniciens
il cielo pulito, di luce splendente,
me voient maintenant, moi qui devais naître
inamovibile sebbene tremante,
en ce pays et qui me tiens à ma fenêtre.
come la fedeltà.

Il cielo del tutto simile
Je ne sais plus ce qui m'a pris:
alla coperta di mia madre,
je croyais entendre d'ailes le bruit,
ed alla macchia blu di acquarello
et s'est penchée vers moi mon enfance depuis
che si allargò sul mio quaderno.
longtemps ensevelie.
E l'anima delle stelle

respira senza far rumore,
J'observais des heures durant
nella notte dell'autunno mite,
les merveilles de la voûte céleste,
che il freddo precede.
mais déjà le jour s'annonçait à l'Est
Di lassù lontano ed oltre,
et les étoiles brillaient en tremblant
loro, che hanno visto
sous l'haleine du vent
l'armata di Annibale,
tandis que très-très loin,
ora guardano me, in piedi qua,
un immense faisceau rayonnant: le matin
in una finestra della città.
éclairait le portail d'un céleste château,
E non so che mi successe allora,
qui s'est ouvert soudain, et le faisceau
ma mi sembrò sentire un'ala,
s'enflammait et quelque chose ondulait,
e mi si avvicinò quello
les hôtes s'en allaient,
che avevo seppellito tempo fa,
la nuit du bal glissait dans la pénombre
l'età dell'infanzia.
de quelque profondeur plus sombre.
E guardai tanto a lungo
Mais le proche était plein de feux,
i ricchi miracoli del cielo
l'amphitryon fit ses adieux,
che arrivò l'albeggiamento
ce noble maître de céans,
dall'oriente e nel vento,
de tous ces festins le géant,
scintillanti, si mossero
puis tintement et brouhaha,
appena appena le stelle.
puis des chuchotements tout bas,
E là sopra nella distanza
comme quand les bals se terminent
si accese una fascia luminosa,
et les valets appellent les berlines.
e si aprì il portone

di un castello celestiale,
Ensuite dégoulinement
si avvampò la fiamma,
lointain et lent
e la folla degli ospiti
d'un voile de dentelles, ruisseau de diamants
cominciò a sperdersi.
venant
E nelle tenebre dell'alba,
de la pénombre, et puis, en bleu, la pèlerine
la notte di ballo finiva,
de quelque belle avec sur la poitrine
fuori nell'ingresso l'ospite
une splendide pierre fine
- un gigante del cielo - salutò,
qui l'illumine
si sentì tintinnio e sussurro,
ainsi que la paix claire et tout le bleu
come quando il ballo finisce
de l'au-delà pâle des cieux;
e si chiama il cocchiere.
ou est-ce un ange qui, chaste et suprême,
Si vide un velo di pizzo,
fixe dans ses cheveux
che da lontano come
quelque diadème?
tenda di diamante scende,
Femme qui vient de se jeter
su un vestito splendente
comme en rève, sans ton ni son,
che una donna bellissima indossa
au fond de son
e su di lei un diamante
landau léger
che sparge luce su questa pace,
pour avec un sourire coquet s'éloigner?
sul blu pallido e celestiale.
Quel carnaval! Les fers des chevaux qui s'élancent
Oppure un angelo
vers une Voie Lactée tout en magnificence,
che con un bel gesto
étincellent, tandis que pleuvent tout en or
si aggiusta il suo diadema,
des confettis sur les caléches de l'aurore.
e in un cocchio leggero sale

senza fare alcun rumore,
Je restais bouche bée,
e vola via con la carrozza.
et, saisi de bonheur, ne cessais de crier:
Mentre i cavalli corrono selvaggi,
il y a chaque nuit, au ciel, un bal de fées.
sulla Via Lattea illuminata
Et c'est alors que j'ai compris
da fuochi artificiali,
le secret sacré qu'à la fin des nuits
come al carnevale,
les fées du firmament regagnent leurs logis
tra stelle filanti e coriandoli,
sur les grands boulevards de l'infini.
tra centinaia di cocchi,

scintillano i loro ferri.
Et toi? – me suis-je dit. – Et toi?
E stavo là con la bocca aperta
Quelles fables usées cherchais-tu ici-bas?
e esclamai di gioia,
De quelles putains étais-tu la proie?
che nel cielo ogni notte
Quel manuscrit t'était si important
un ballo simile si tiene,
Que tu laisses écouler tant de temps
e in me si illuminò
sans voir ce bal que maintenant
il significato
tu aperçois?
di questo gran mistero,

che le fate del cielo
Cinquante années ont fui,
sulle vie dell'infinito
j'en suis tout ébahi,
arrivata l'alba,
que de morts parmi mes amis!
tornano tutte a casa.
Mais tous ces célestes voisins,
E rimasi così fino al mattino
depuis toujours de mes pleurs les témoins,
e guardavo solo.
sont bien vivants et scintillent ici.
Poi dissi d'improvviso:
Bref, je dois l'avouer: en homme qui fléchit
e tu che ci fai qui,
je me suis incliné pour dire un grand merci.
su questa terra,

che leggende cerchi,
Malgré qu'il n'y ait rien pour attirer ma foi
che sirene ti tengono in balia?
et que je sois sommé de partir une fois,
Cosa c'era più importante,
Je fis de mon cœur raide une corde tendue
ora che sono passate tante estati,
et me mis à chanter vers l'azur, vers les nues,
e tanti inverni gelanti,
vers l'Être qui se cache et demeure introuvable
e tante notti inutili,
et que je ne verrai ni vivant ni cadavre.
che vedi solo ora questo ballo?
Oui, ami: à l'âge où les muscles se desserrent,
Cinquanta, sono cinquant'anni,
je crois qu'en titubant dans la poussière,
che il ballo si festeggia qui
sur des glèbes, parmi un tas d'âmes déchues,
sopra di me, e ahimè,
je fus quand-même l'hôte, sur la terre,
i miei vicini celestiali
d'un très haut Seigneur inconnu.
mi vedono ad asciugare gli occhi.
Te lo confesso, mi sono inchinato
e tutto ciò ho ringraziato.
Vedi, lo so che non ho fede,
e so pure che dovrò andarmene.
Col cuore, come corda tesa
cantai allora all'azzurro.
Per Lui che non sa nessuno
dov'è e nemmeno io lo trovo
né ora né da morto.
Ora che i miei muscoli
non sono più tanto forti,
capisco che finora
stavo nella polvere
tra anime e briciole,
ma comunque sia
di un signore
misterioso e potente
ero sempre l'ospite.


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