Écoute-moi, pourvu que cela ne t'ennuie.
Te lo racconto questo
J'ai cessé mon labeur
se non ti annoio,
vers trois heures après minuit.
ieri notte alle tre,
Je me suis couché, mais la tête, ce moteur
finito il lavoro,
cliquetait sans répit dans sa vapeur.
sono andato a letto.
Je me suis tourné, puis retourné dans le lit,
Ma nella mia mente
mais le sommeil m'a fui.
la macchina da scrivere
Je l'appelais pourtant, en comptant jusqu'à cent,
continuava a battere
par des banalités, par des médicaments.
col ticchettio tanto forte
Mes mots me regardaient avec ferveur.
che non riuscivo a dormire.
Mes cigarettes excitaient mon cœur.
Il sonno non venne, sebbene
Puis le café aussi, et tout. Eh bien, ça va,
lo desiderassi fortemente,
Je vais donc me lever, tant pis.
ma chiamandolo con parole,
En chemise de nuit, je ferai les cent pas.
con sonniferi potenti,
Tout autour, la famille. Notre nid.
e contando le pecore
Bouches qu'un miel de rêve emplit.
non serviva a niente.
Je titube comme un ivre – et alors
Quello che avevo scritto
je jette par hasard un coup d'œil au-dehors.
mi guardava dritto.
Mi stressavano il cuore
Où commencer? Voyons, tu connais bien
le quaranta sigarette.
ma maison, non? Et si tu te souviens
E tutto il resto,
de ma chambre à coucher,
il buio, tutto.
tu dois savoir aussi
Allora mi alzo e non mi importa,
à quel point à cette heure, vue d'ici,
cammino su e giù nella stanza,
elle est déserte, minable, oubliée,
attorno a me la mia famiglia,
la rue Logodi où je vis.
sulle loro labbra la dolcezza
On voit jusqu'au fond des logis.
di bei sogni, beati loro,
Chaque homme gît,
e mentre io brancolo nel buio,
autant de quilles renversées
come un ubriaco, guardo
touchant dans leur propre esprit qui leur joue des tours,
fuori dalla finestra.
car ils sont tous comme gommés
Aspetta, come te lo dico,
dans l'anémie de tous les jours.
come te lo spiego?
A côté de leurs lits,
Tu conosci la mia casa,
leurs souliers, leurs habits.
ti ricordi la mia stanza,
Enfermés comme dans quelque boîte, ces gens
lo sai quanto povera
rêvassent au jour d'embellir l'appartement;
ed abbandonata sembra di qua
pourtant, si l'on croit aux images,
a quell'ora la strada.
toute demeure est une cage.
Ci vedi dentro le case
On entend le tic-tac d'un réveille-matin
attraverso le finestre,
qui boite longtemps puis déclenche enfin
gli uomini sdraiati e ciechi,
son vacarme strident:
scrutano con gli occhi chiusi,
«Lève-toi, le réel t'attend!»
nella nebbia della loro mente,
La maison, elle aussi, bêtement, tel un mort,
che li inganna e li tradisce,
comme elle le fera au siècle prochain, dort.
perchè il cervello di anemia soffre.
Et si elle s'écroule, qui saurait voyant en son centre l'ivraie,
Accanto a loro le scarpe e vestiti,
qu'elle était notre abri et pas un poulailler?
e nella stanza sono chiusi,
come in una scatola,
Mais ce qu'on voit, ami, ce qu'on voit dans les cieux!
che hanno costruito da svegli
Tout y est lumineux et somptueux,
con tanta fatica.
fidèle et solide et tremblant de feux.
Ma se le guardi in questa maniera
Le firmament
ogni casa è come una gabbia.
est toujours la voûte d'antan,
Si sente ticchettare la sveglia,
comme le couvre-pieds bleu de maman
ora cammina zoppo, fra poco suona:
ou bien la tache d'encre sur mon cahier blanc;
"svegliati alla realtà, è ora!"
et les astres dont l'âme
E dorme anche la casa, morta,
respire et doucement enflamme
e se fra cent'anni crolla,
la nuit paisible qui précède
ci crescerà gramigna,
l'hiver, nuit encor tiède,
e non sospetterà nessuno,
ces astres qui, de leur ineffable lointain,
se era nostra casa o una stalla.
ont vu marcher l'armée des Phéniciens
Ma lassù, amico mio, là sopra,
me voient maintenant, moi qui devais naître
il cielo pulito, di luce splendente,
en ce pays et qui me tiens à ma fenêtre.
inamovibile sebbene tremante,
come la fedeltà.
Je ne sais plus ce qui m'a pris:
Il cielo del tutto simile
je croyais entendre d'ailes le bruit,
alla coperta di mia madre,
et s'est penchée vers moi mon enfance depuis
ed alla macchia blu di acquarello
longtemps ensevelie.
che si allargò sul mio quaderno.
E l'anima delle stelle
J'observais des heures durant
respira senza far rumore,
les merveilles de la voûte céleste,
nella notte dell'autunno mite,
mais déjà le jour s'annonçait à l'Est
che il freddo precede.
et les étoiles brillaient en tremblant
Di lassù lontano ed oltre,
sous l'haleine du vent
loro, che hanno visto
tandis que très-très loin,
l'armata di Annibale,
un immense faisceau rayonnant: le matin
ora guardano me, in piedi qua,
éclairait le portail d'un céleste château,
in una finestra della città.
qui s'est ouvert soudain, et le faisceau
E non so che mi successe allora,
s'enflammait et quelque chose ondulait,
ma mi sembrò sentire un'ala,
les hôtes s'en allaient,
e mi si avvicinò quello
la nuit du bal glissait dans la pénombre
che avevo seppellito tempo fa,
de quelque profondeur plus sombre.
l'età dell'infanzia.
Mais le proche était plein de feux,
E guardai tanto a lungo
l'amphitryon fit ses adieux,
i ricchi miracoli del cielo
ce noble maître de céans,
che arrivò l'albeggiamento
de tous ces festins le géant,
dall'oriente e nel vento,
puis tintement et brouhaha,
scintillanti, si mossero
puis des chuchotements tout bas,
appena appena le stelle.
comme quand les bals se terminent
E là sopra nella distanza
et les valets appellent les berlines.
si accese una fascia luminosa,
e si aprì il portone
Ensuite dégoulinement
di un castello celestiale,
lointain et lent
si avvampò la fiamma,
d'un voile de dentelles, ruisseau de diamants
e la folla degli ospiti
venant
cominciò a sperdersi.
de la pénombre, et puis, en bleu, la pèlerine
E nelle tenebre dell'alba,
de quelque belle avec sur la poitrine
la notte di ballo finiva,
une splendide pierre fine
fuori nell'ingresso l'ospite
qui l'illumine
- un gigante del cielo - salutò,
ainsi que la paix claire et tout le bleu
si sentì tintinnio e sussurro,
de l'au-delà pâle des cieux;
come quando il ballo finisce
ou est-ce un ange qui, chaste et suprême,
e si chiama il cocchiere.
fixe dans ses cheveux
Si vide un velo di pizzo,
quelque diadème?
che da lontano come
Femme qui vient de se jeter
tenda di diamante scende,
comme en rève, sans ton ni son,
su un vestito splendente
au fond de son
che una donna bellissima indossa
landau léger
e su di lei un diamante
pour avec un sourire coquet s'éloigner?
che sparge luce su questa pace,
Quel carnaval! Les fers des chevaux qui s'élancent
sul blu pallido e celestiale.
vers une Voie Lactée tout en magnificence,
Oppure un angelo
étincellent, tandis que pleuvent tout en or
che con un bel gesto
des confettis sur les caléches de l'aurore.
si aggiusta il suo diadema,
e in un cocchio leggero sale
Je restais bouche bée,
senza fare alcun rumore,
et, saisi de bonheur, ne cessais de crier:
e vola via con la carrozza.
il y a chaque nuit, au ciel, un bal de fées.
Mentre i cavalli corrono selvaggi,
Et c'est alors que j'ai compris
sulla Via Lattea illuminata
le secret sacré qu'à la fin des nuits
da fuochi artificiali,
les fées du firmament regagnent leurs logis
come al carnevale,
sur les grands boulevards de l'infini.
tra stelle filanti e coriandoli,
tra centinaia di cocchi,
Et toi? – me suis-je dit. – Et toi?
scintillano i loro ferri.
Quelles fables usées cherchais-tu ici-bas?
E stavo là con la bocca aperta
De quelles putains étais-tu la proie?
e esclamai di gioia,
Quel manuscrit t'était si important
che nel cielo ogni notte
Que tu laisses écouler tant de temps
un ballo simile si tiene,
sans voir ce bal que maintenant
e in me si illuminò
tu aperçois?
il significato
di questo gran mistero,
Cinquante années ont fui,
che le fate del cielo
j'en suis tout ébahi,
sulle vie dell'infinito
que de morts parmi mes amis!
arrivata l'alba,
Mais tous ces célestes voisins,
tornano tutte a casa.
depuis toujours de mes pleurs les témoins,
E rimasi così fino al mattino
sont bien vivants et scintillent ici.
e guardavo solo.
Bref, je dois l'avouer: en homme qui fléchit
Poi dissi d'improvviso:
je me suis incliné pour dire un grand merci.
e tu che ci fai qui,
su questa terra,
Malgré qu'il n'y ait rien pour attirer ma foi
che leggende cerchi,
et que je sois sommé de partir une fois,
che sirene ti tengono in balia?
Je fis de mon cœur raide une corde tendue
Cosa c'era più importante,
et me mis à chanter vers l'azur, vers les nues,
ora che sono passate tante estati,
vers l'Être qui se cache et demeure introuvable
e tanti inverni gelanti,
et que je ne verrai ni vivant ni cadavre.
e tante notti inutili,
Oui, ami: à l'âge où les muscles se desserrent,
che vedi solo ora questo ballo?
je crois qu'en titubant dans la poussière,
Cinquanta, sono cinquant'anni,
sur des glèbes, parmi un tas d'âmes déchues,
che il ballo si festeggia qui
je fus quand-même l'hôte, sur la terre,
sopra di me, e ahimè,
d'un très haut Seigneur inconnu.
i miei vicini celestiali
mi vedono ad asciugare gli occhi.
Te lo confesso, mi sono inchinato
e tutto ciò ho ringraziato.
Vedi, lo so che non ho fede,
e so pure che dovrò andarmene.
Col cuore, come corda tesa
cantai allora all'azzurro.
Per Lui che non sa nessuno
dov'è e nemmeno io lo trovo
né ora né da morto.
Ora che i miei muscoli
non sono più tanto forti,
capisco che finora
stavo nella polvere
tra anime e briciole,
ma comunque sia
di un signore
misterioso e potente
ero sempre l'ospite.